[...] Je me suis rendu en Alabama. Je me suis rendu en Alabama uniquement pour voir ce qui s'y passait. Là-bas, je n'ai pas essayé de me mêler au programme de Martin Luther King, quelle qu'ait été la nature de ce programme. Il était en prison. J'ai donné une conférence, j'ai pris la parole [Rires]. J'ai fait un discours au Tuskegee Institute jeudi dernier, je crois bien. Il y avait plus de trois mille étudiants et non-étudiants. Ce sont les étudiants eux-mêmes qui ont insisté ce soir-là pour je les accompagne le lendemain matin à Selma, des étudiants du SNCC. Alors j'y suis allé. Après mûre réflexion, j'y suis allé. Dès que je suis arrivé à Selma, la presse m'a littéralement assailli. Je refusais de répondre aux questions et même de dire mon nom. J'avais pris le parti de les ignorer. Alors ils ont insisté pour que je fasse une conférence de presse. Je n'avais pas demandé de conférence de presse. Mais ils ont tellement, tellement insisté, que, flnalement, une conférence de presse a eu lieu. La presse était là, le Klan aussi. Car quand, en Alabama, vous regardez un flic, vous regardez le visage du Ku Klux Klan. Il ne faut pas chercher plus loin.
Je profitai de la situation pour, séance tenante, rappeler à Lyndon Johnson la promesse qu'il avait faite aux Américains de bonne volonté au cours de sa campagne présidentielle. Il avait déclaré que s'il était élu il allait faire enlever sa cagoule au Ku Klux Klan. C'est bien ce qu'il a dit ? Oui, c'est c'est bien ça qu'il a dit ! Alors quand vous avez des hommes du KIan qui frappent des petits enfants dans la rue avec des... Quand vous avez des hommes du KIan qui frappent des femmes noires devant des caméras, tandis qu'un pauvre con de Noir regarde sans rien faire sous prétexte qu'il est non-violent. Nous, nous n'acceptons pas ce genre de choses ..."
Discours prononcé par Malcolm X, le 15/02/1965 à New-York
Traduit de l'anglais par Isabelle Capman et Édith Ochs
Malcolm X meurt assassiné le 21 février 1965 à New York